Jean-Pierre Sergent, exposition « Cultures Energies »

L’artiste plasticien Jean-Pierre Sergent, dont il a été question à plusieurs reprises dans ces colonnes, puise son inspiration dans la symbolique des cultures. Son procédé habituel, la sérigraphie sur papier ou sur Plexiglas, impose un travail en couches successives. Et ce sont, précisément, des couches successives de cultures qui se superposent dans ses créations. Graphismes aztèques ou mayas, yantras hindous, mais aussi mangas érotiques japonais se retrouvent ainsi interprétés sur une palette variée de couleurs souvent vives. L’énergie vitale qui en émane surprend les sens de l’observateur, lequel découvre, enfoui en lui, un rapport à l’univers aussi surprenant que singulier.

Ici, l’artiste occupe un rôle de passeur, proposant aux spectateurs de plonger dans une sorte de « soupe primordiale » dont ils ont, depuis longtemps, oublié jusqu’à l’existence. Dans une époque contemporaine de plus en plus habituée aux simplifications réductrices, aux classifications binaires, donc manichéennes, il nous fait prendre conscience de la complexité du monde, qui ne se limite ni au matériel ni au visible. Le fait, par exemple, qu’une œuvre érotique puisse, au-delà des apparences, relever de la recherche spirituelle implique un nécessaire questionnement de nos échelles de valeurs occidentales. Car celles-ci, fondées sur une morale qui est le fruit d’une construction intellectuelle vieille de 2000 ans – ce qui est assez peu au regard de l’Histoire de l’Humanité – formatent, consciemment ou non, le regard. Voilà pourquoi l’artiste invite à d’autres interprétations, d’autres approches que celles qui nous viendraient spontanément à l’esprit. Cette confrontation est tout à fait revigorante.

 

Le Kunstpalais de Badenweiler (Allemagne), non loin de Mulhouse, accueille actuellement, et jusqu’au 21 juillet 2013, une exposition réunissant une cinquantaine d’œuvres de Jean-Pierre Sergent, intitulée « Cultures Energies ». Parmi celles-ci, on notera particulièrement un grand travail sur papier, Bondage & Freedom (1,50 m x 3 m) et sept Plexiglas (1,40 m x 1,40 m).

Illustrations : Vues des salles 2 et 4 du Kunstpalais (photos D.R.).

 

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