Faut-il crier haro sur Eric Zemmour ?

 L’émission Paris-Berlin, diffusée le 13 novembre dernier sur ARTE et consacrée au métissage a connu un succès public dépassant de loin son audience habituelle, en raison de la polémique suscitée par les propos qu’y a tenus Eric Zemmour, au sujet de l’existence des races. Une tempête médiatique s’est abattue sur le journaliste connu pour ses opinions à contre-courant de la pensée unique, à grand renfort d’invectives, voire d’insultes et de demandes de sanctions. Les réactions épidermiques (il serait malvenu de voir ici un jeu de mot) se nourrissent rarement de réflexion ; or, le sujet est assez important pour tenter une approche distanciée et sereine.

Du script de l’émission, il ressort cette phrase principale de Zemmour : « J’ai le sentiment qu’à la sacralisation des races de la période nazie et précédente, a succédé une négation des races et c’est, d’après moi, aussi ridicule l’une que l’autre. » Répondant à ses contradicteurs, le journaliste a en outre avancé que l’appartenance à une race se définissait « à la couleur de la peau ». Cette intervention appelle plusieurs commentaires.

Il est certain que le mot « race » a disparu du vocabulaire usuel, à l’exception de la zoologie, depuis les années 1960-1970. L’une de ses dernières traces officielles se trouve dans l’article 1er de la Constitution de 1958 qui dispose notamment : « La France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. » A l’évidence, l’épisode colonial, ses illustrations et ses préjugés (voir ci-contre une publicité  particulièrement imbécile pour une lessive, datant des années 1920), ainsi que les théories délirantes du Nazisme avaient achevé de porter le discrédit sur un terme dont la science moderne s’est attachée, de son côté, à démontrer l’inexactitude. Les travaux des scientifiques (généticiens, biologistes…) conduisent aujourd’hui à reconnaître, au sein de l’espèce humaine, la présence, non de races, mais de « phénotypes » associés à un certain nombre de « génotypes ». Les dictionnaires, dans leurs plus récentes éditions, ont suivi cette voie. Le Nouveau Littré (édition 2004) indique ainsi à l’entrée « race » : « classification de l’espèce humaine selon des critères physiques ne reposant sur aucun fondement biologique », tandis que le Larousse des noms communs (2008) précise : « catégorie de classement biologique et de hiérarchisation des divers groupes humains, scientifiquement aberrante, dont l’emploi est au fondement de divers racismes et de leurs pratiques. »

J’avoue m’être toujours méfié de la novlangue politiquement correcte issue d’un assemblage informe de négation du réel et d’hypocrisie. Un aveugle ne recouvre malheureusement pas une parcelle de vue en devenant « non-voyant », un sourd ne trouvera pas davantage une amélioration de son état sous le qualificatif « malentendant » ; un mensonge ou une affirmation erronée le resteront, même affublés du vocable ridicule de « contrevérité » et la concierge sera toujours dans l’escalier, qu’on l’appelle « gardienne d’immeuble » ou non. L’inflation des terminologies de substitution poussait Pierre Desproges à « nommer les cons : mal-comprenant » ; il avait, justement, tout compris. Tentez de réécrire la Comédie humaine en langage politiquement correct, vous ajouterez trois ou quatre tomes à l’œuvre de Balzac (les circonlocutions étant d’une longueur et d’une lourdeur insupportables) et vous la rendrez parfaitement indigeste. Cependant, dans le cas du mot « race », il semble bien que, pour désagréable qu’il sonne à l’oreille, « phénotype » corresponde davantage à la réalité scientifique. Sans doute Eric Zemmour eut été plus adroit en employant ce terme, moins négativement connoté, qui eut (peut-être) davantage embarrassé ses adversaires d’aujourd’hui.

En revanche, on peut, sans peine, mettre en lumière les limites de l’argument simpliste selon lequel la carnation serait un signe distinctif de reconnaissance. Sur le nuancier infini de l’épiderme, un Congolais et un Indien de Bombay peuvent avoir la même couleur, ils n’appartiendront pas pour autant à un phénotype commun. On pourrait multiplier les exemples, s’agissant de ce critère.

Faut-il pour autant menacer Eric Zemmour de procès, ou demander son renvoi des media dans lesquels il exerce son métier de journaliste ? Les professionnels de l’indignation le pensent, voire le demandent. L’objet de son propos étant par nature délicat, j’avoue avoir préféré me replonger dans quelques lectures et prendre un peu de recul plutôt que suivre les arguments « choc », mais faiblement motivés – donc, peu convaincants – lâchés çà et là sur la toile ou dans quelques media.

 Sur la question raciale, on ne peut que recommander les pages lumineuses écrites par Hannah Arendt dans Les Origines du totalitarisme (Quarto, Gallimard, 1615 pages, 33 €). Dans la seconde partie de son essai, consacrée à L’Impérialisme, les chapitres VI (La pensée raciale avant le racisme) et VII (Race et bureaucratie) présentent l’histoire des théories raciales et en expliquent autant les motivations qu’elles en montrent les aberrations. Dès les premières lignes, Arendt cite d’ailleurs Tocqueville commentant très tôt les théories de son contemporain Gobineau : « Je les crois très vraisemblablement fausses et très certainement pernicieuses. »

Quant aux questions de cultures et de métissage, l’ouvrage de Claude Lévi-Strauss, Race et histoire (Collection Folio, Gallimard, 127 pages, 7 €) apporte de solides éclairages. Ce livre, écrit pour l’Unesco en 1952, n’a rien perdu de sa pertinence. Exprimant ses doutes quant à la notion de races, l’auteur y dénonce d’abord une confusion des genres toujours actuelle :

« Mais le péché originel de l’anthropologie consiste dans la confusion entre la notion purement biologique de race (à supposer, d’ailleurs, que, même sur ce terrain limité, cette notion puisse prétendre à l’objectivité, ce que la génétique moderne conteste) et les productions sociologiques et psychologiques des cultures humaines. […] Il y a plus de cultures humaines que de races humaines, puisque les unes se comptent par milliers et les autres par unité. »

Le problème du racisme n’est pas évacué : « L’attitude la plus ancienne, et qui repose sans doute sur des fondements psychologiques solides puisqu’elle tend à réapparaître chez chacun de nous quand nous sommes placés dans une situation inattendue, consiste à répudier purement et simplement les formes culturelles : morales, religieuses, sociales, esthétiques, qui sont les plus éloignées de celles auxquelles nous nous identifions. »

La remarque ouvre des perspectives intéressantes ; elle rappelle ces vers que l’on attribue au marquis de Sade :

« Chaque peuple a ses lois, sa culture, ses vertus

Que le peuple voisin ose traiter d’abus.

Nous condamnons vos mœurs, nous blâmons vos usages

Les nôtres sont pour vous absurdes et sauvages. »

Je cite systématiquement ce quatrain lorsque je suis amené à conseiller les entreprises  dans leurs démarches interculturelles, car les principales causes d’échecs qu’elles rencontrent dans leurs activités à l’international y sont résumées. Le « racisme ordinaire » se fonde généralement sur l’ignorance de l’autre, la peur que cette ignorance suscite, et surtout la conviction ancrée dans l’individu, aussi profonde qu’illusoire, de détenir les clefs d’une « norme » supposée universelle, qui lui fait rejeter tout ce qui s’en éloigne. Ce racisme se mesure au travers de préjugés et de stéréotypes infondés autant qu’à l’aune de l’altérité physique et culturelle. Ce que ces deux textes sous-entendent correspond enfin à une réalité : le « racisme ordinaire » est universel, il n’est pas, comme il est de bon ton de le faire croire, un sentiment de l’Occident envers le reste du monde. Il suffit de voyager et d’étudier les populations des cinq continents (ce que j’ai en partie fait pendant vingt ans) pour en réunir les preuves. Il sévit partout, ses victimes peuvent être des groupes ethniques au sein d’un même pays, des voisins régionaux ou des groupes situés à l’autre bout du monde, simplement identifiables à leurs cultures ou leurs morphologies. Occulter ce phénomène reviendrait à présenter l’humanité sous un angle angélique, trompeur et ne serait pas sans danger.

Un autre danger se dissimule derrière la négation de l’altérité ; l’antiracisme s’est bercé de cette illusion qu’il a lui-même créée, alors que l’altérité reste visible aux yeux de tous. Affirmer l’égalité de tous les êtres humains est une démarche saine ; vouloir faire croire qu’il n’existe aucune différence entre eux relève de la supercherie ou d’un bonnisme déplacé. Claude Lévi-Strauss l’avait parfaitement compris :

« Mais la simple proclamation de l’égalité naturelle entre tous les hommes et de la fraternité qui doit les unir, sans distinction de races ou de cultures, a quelque chose de décevant pour l’esprit, parce qu’elle néglige une diversité de fait, qui s’impose à l’observation et dont il ne suffit pas de dire qu’elle n’affecte pas le fond du problème pour que l’on soit théoriquement et pratiquement autorisé à faire comme si elle n’existait pas. […] ce qui convainc l’homme de la rue que les races existent, c’est l’évidence immédiate de ses sens quand il perçoit un Africain, un Européen, un Asiatique et un Indien américain »

L’homme de la rue, que l’auteur prend en exemple, risque fort de se cabrer si l’on cherche à lui imposer trop longtemps une vision du monde que chaque regard qu’il porte sur ceux qui l’entourent infirme ; sa réaction – son refus d’être éternellement pris pour un nigaud par quelques beaux esprits – peut alors le conduire vers des dérives extrémistes particulièrement préoccupantes. Les partisans des théories les plus nauséabondes attendent cet homme de la rue les bras ouverts en lui tenant un discours, certes fallacieux, mais qui lui semble  plus proche de ce qu’il voit. Il y a donc, dans l’argumentaire de certains mouvements antiracistes, une dimension contreproductive qui semble leur échapper. En outre, ne doit-on pas voir une contradiction évidente dans la négation de l’altérité et la promotion parallèle du métissage exaltées par ces mêmes mouvements ? Par définition, il ne peut y avoir de métissage sans alliance d’individus de phénotypes et de cultures différents. Reconnaître l’existence de groupes humains dans leur diversité ne me paraît aucunement constituer une démarche raciste ; c’est affirmer qu’il existerait une hiérarchie entre ces groupes qui le serait. Les bien-pensants n’y pourront rien, l’humanité se compose de groupes dissemblables ; à l’intérieur de ceux-ci, chacun diffère par son individualité ; c’est ce qui fait toute la richesse de l’espèce humaine.

Cette diversité s’exprime dans la construction de ce que l’on peut appeler les cultures, faites d’apports successifs de l’extérieur, donc de métissages. La langue française, qui a laissé tant de chefs d’œuvres de littérature, en offre un exemple frappant. Elle s’est enrichie au fil des siècles d’adjonctions celtes, grecques, latines, hébraïques (échalote, abbé), germano-scandinaves (homard, vague), arabes (abricot, arsenal), slaves (steppe, meringue), afro-asiatiques (châle, pyjama), amérindiennes (chocolat, tabac) pour devenir ce qu’elle est ; nul doute qu’elle s’enrichira encore d’apports nouveaux, notamment en provenance des pays francophones, véritables laboratoires linguistiques. Le phénomène de métissage culturel n’échappe naturellement pas à Claude Lévi-Strauss :

« L’exclusive fatalité, l’unique tare qui puisse affliger un groupe humain et l’empêcher de réaliser pleinement sa nature, c’est d’être seul. […] Tout progrès culturel est fonction d’une coalition entre les cultures. Cette coalition consiste dans la mise en commun (consciente ou inconsciente, volontaire ou involontaire, intentionnelle ou accidentelle, cherchée ou contrainte) des chances que chaque culture rencontre dans son développement historique ; enfin, nous avons admis que cette coalition était d’autant plus féconde qu’elle s’établissait entre des cultures plus diversifiées. »

Le métissage ne présente donc pas un danger en soi, il ouvre au contraire un certain nombre d’opportunités, pour peu toutefois que chaque culture d’accueil sache préserver son originalité et ne renonce pas à elle-même. Dans un article de 1971, Race et culture (Revue internationale des sciences sociales), Lévi-Strauss insistait sur ce dernier point :

« Mais si l’humanité ne se résigne pas à devenir la consommatrice stérile des seules valeurs qu’elle a su créer dans le passé […], elle devra réapprendre que toute création véritable implique une certaine surdité à l’appel d’autres valeurs, pouvant aller jusqu’à leur refus, sinon même leur négation. Car on ne peut, à la fois, se fondre dans la jouissance de l’autre, s’identifier à lui, et se maintenir différent. Pleinement réussie, la communication intégrale avec l’autre condamne, à plus ou moins brève échéance, l’originalité de sa et de ma création. »

Ce texte lucide et pragmatique ne sera peut-être pas du goût des intégristes du métissage, il n’en constitue pas moins le point de départ d’un débat intéressant. Les propos d’Eric Zemmour, pour provocateurs qu’ait été leur forme, relèvent de la même nature. Ils offrent l’occasion d’un débat, démarche qui se révèle toujours enrichissante pour une société qui ne peut que s’ossifier si elle ne tolère qu’une pensée unique. Comme je l’avais noté dans un article consacré à l’Affaire Siné, lorsque les prétoires se substituent aux forums, ce n’est jamais un signe de bonne santé pour une démocratie.

Illustrations : Eric Zemmour – Gus Bofa, publicité pour une lessive, vers 1920 – Page d’un manuel de géographie, 1937.

3 réflexions au sujet de « Faut-il crier haro sur Eric Zemmour ? »

  1. Quand vous écrivez :

    « Un autre danger se dissimule derrière la négation de l’altérité ; l’antiracisme s’est bercé de cette illusion qu’il a lui-même créée, alors que l’altérité reste visible aux yeux de tous. Affirmer l’égalité de tous les êtres humains est une démarche saine ; vouloir faire croire qu’il n’existe aucune différence entre eux relève de la supercherie ou d’un bonnisme déplacé  »

    vous semblez assimiler l’anti-racisme à une négation de l’altérité, or il s’agit au contraire de préserver la valeur de chaque individu, et de chaque culture dont il est l’expression, quelle qu’en soit l’origine.

    Un anti-raciste n’est pas une sorte de rousseauiste béat, croyant en la bonté naturelle : il lutte non pas pour une éradication de toutes les différences, mais bien pour qu’elles puissent cohabiter toutes entre elles, avec leurs particularités et leur originalité propres, et sans devoir subir la discrimination ou l’ostracisme d’autres groupes sociaux.

    L’ambiguïté de votre article (qui défend peu ou prou les propos – que vos citations de Lévi-Strauss ridiculisent par ailleurs – d’Eric Zemmour) tient dans le fait que vous n’osez prendre une position franche sur le sujet, sans doute pour éviter de passer pour un porte-parole du « politiquement correct » : mais il est des causes qui se passent de ce genre de précaution.

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  2. Parler d’anti-racisme n’est que la façon politiquement correcte de nier à l’autre ce qui le différencie de soi. A force de focaliser sur cette notion, la race, je ne suis pas comme toit et tu n’es pas comme moi, on sombre dans une ridicule abnégation des différences qui font une partie de l’identité humaine, afin de les permettre de cohabiter ensemble. N’est ce pas une négation de l’autre ? Greffer demande une compatibilité totale ou presque, ou hypnotiser le receveur afin qu’il ne rejette pas ce qui lui est étranger. En société c’est pareil. Ceux qui ne sont pas sortis de leur trou aseptisé, où tout le monde il est beau tout le monde il est gentil ne savent pas ce que fusionner dans une société demande comme sacrifice, parce qu’en réalité la société de fait jamais de cadeau.
    L’interculturel, très en vogue avec la mondialisation, n’est qu’un rappel que les différences sociétales, culturelles et « raciales » existent et continueront à exister, car l’homme est avant tout une mixture d’un génotype et d’un phénotype saupoudrée d’un brin de culture. Traiter de noir ou d’arabe ne devrait pas être une insulte. On doit être fier de la couleur de sa peau, de ses origines génétiques, même si l’histoire, faite par des hommes pour des besoins d’époque, nous demande de « fermer l’œil » sur cette différence et de faire comme si cet autre est une copie conforme de nous. Oui, parce que l’homme a peur de ce qui ne lui ressemble pas ; C’est menaçant. Alors on fait fondre l’autre dans le magma de l’anonymat, on lui extirpe tout ce qui le définit pour l’adapter à nos besoins.
    Même la nature a marqué la différence des origines (des phénotypes pour être scientifique et correcte). Certains phénotypes diffèrent en fonction des origines ethniques. Ce n’est pas une blague ni un canular. Alors arrêtons de jouer à l’autruche parce que c’est plus facile de condamner que de trouver des solutions.
    Zemmour a fait fort, et bien. Il faut réveiller la société, pointer du doigt le trop politiquement correcte devenu une hystérique obsession. L’hypocrisie humaine n’a jamais été aussi flagrante que depuis qu’on doit tout gommer pour ne pas gêner. Reconnaître à l’autre sa différence c’est lui permettre d’être un individu à part, l’accepter en tant que tel, au lieu de l’aspirer dans la spirale de « monsieur tout le monde ».

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  3. Cette « dialectique sounoise » ne casse franchement pas de briques.

    La race, dans le sens moderne, est un concept POLITIQUE hérité de la suprématie européenne sur le monde.

    Quand le scribouilleur « du dessus » prétend que nier la race c’est nier le droit à l’Altérité, je pouffe de rire.

    Ce respect proclamé de l’Altérité est trop « beau » pour être honnête, surtout quand le respectueux privilégie, entre deux ou trois contorsions, l’accent sur l’altérité RACIALE.

    Mais ce sont les blancs d’une certaine sensibilté politique qui paniquent à l’idée de disparaître en tant que « membres de la race blanche ».

    Les Noirs peuvent revendiquer leur blackitude, mais ne craighent nullement leur disparition en tant que noirs.

    Alors, cessez vos contorsions tartuffes : vous deviendrez plus crédibles en blancs paniqués par le métissage (dont il ne faut pas faire un impératif politico-moral mais pas non plus une obsession).

    nt leur « noirceur » pour toutes sortes de raisons, mais du tout à cause de la peur de disparaître.
    La race est un concept flou et illusoire (Freud), tout à fait manipulable selon les époques.

    La race n’est qu’un minuscule détail biologique dont l’importance est économico-politique (et par là-même culturelle).

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